Mesdames, messieurs.
Vous avez, par votre courrier du 16 février dernier manifesté votre intérêt pour les élections régionales en nous faisant parvenir un questionnaire destiné à clarifier nos positions sur des thèmes qui vous concernent directement, à savoir notre projet en matière de politique éducative.
Nous avons étudié vos propositions de réflexion et nous vous faisons part ici des conclusions que nous en avons tirées.
Toutes les positions que vous trouverez ici ont été rédigées à partir de notre programme, lequel a été élaboré en commun, par les différents mouvements qui composent le Front Lorrain de Gauche.
- Le premier postulat autour duquel, vous le constaterez, toutes nos offres s’articulent est simple : l’argent public doit aller à l’école publique. L’école publique, seule garante de la laïcité, est essentielle à la vie en commun, socle de la société d’émancipation populaire que nous souhaitons développer. C’est pourquoi, dans l’enseignement général, technologique et professionnel, nous privilégierons systématiquement l’École de la République dans les budgets consacrés à l’éducation.
Ainsi, nous sommes favorables à l’abrogation des lois qui obligent au financement des lycées privés, ainsi qu’à l’abrogation des lois scolaires issues du concordat. Par conséquent, nous mettrons fin à tous les financements favorisant l’enseignement privé et nous modifierons les critères d’attributions du forfait-élève, rétablissant ainsi un équilibre social trop souvent mis à mal par des subventions abusives.
- Nous déplorons qu’aujourd’hui les missions des ATOSS (accueil des jeunes, hygiène et entretien des bâtiments et de leurs environnements ainsi que des cuisines, sécurité des installations, restauration) soient de la responsabilité des régions. Nous estimons que ce choix idéologique, en mettant en perspective l’existence de régions riches et de régions pauvres, participe à l’éclatement de la politique nationale d’égalité pour tous.
Soucieux que ces missions restent dans le domaine du service public et soient rendues de manière égalitaire sur l’ensemble de la région, nous veillerons tout particulièrement à ce qu’aucune d’entre elles ne soient privatisées.
Conscients que le manque de créations d’emplois statutaires et que la multiplication des emplois précaires, sans formation, rendent la réalisation de ces missions de plus en plus difficile, nous estimons que chaque personne travaillant dans un établissement doit être un agent de la fonction publique et que leur nombre doit être suffisant pour stopper la dégradation des conditions de travail et de fonctionnement des établissements.
- Nous accélérerons la mise aux normes des lycées lorrains, afin d’optimiser leur accessibilité aux élèves en situation de handicap.
- Nous reconnaissons les efforts réalisés sur l’équipement en matériels informatiques des lycées de la région et qui devront être poursuivis. Néanmoins, nous estimons que ces dépenses seront de peu d’efficacité si elles ne sont pas accompagnées d’un déploiement humain (service public), dont la mission est de veiller à l’entretien et au bon fonctionnement du matériel informatique des établissements scolaires.
De plus, conscients que certains lycéens n’ont pas la possibilité d’accéder à une connexion internet à domicile et que les TIC deviennent des outils pédagogiques incontournables - notamment depuis la mise en place par la région d’un ENT dans tous les lycées - dans un souci d’égalité d’accès à l’éducation, il nous apparaît indispensable de penser, en concertation avec les personnels de l’éducation nationale, à des solutions qui rétablissent ce droit .
- Nous favoriserons des constructions conformes aux critères de Haute Qualité Environnementale, qu’il s’agisse de bâtiments nouveaux ou de rénovation.
- Sur le très important chapitre que constituent les formations, notre projet est résolument tourné vers la promotion d’un grand service public de la formation professionnelle.
Le soutien excessif à l’apprentissage privé s’effectue au détriment des établissements publics, tels que lycées professionnels, AFPA, GRETA, … et tend ainsi à réduire le champ d’action du domaine public en matière de formation.
La Région a compétence à mettre en œuvre des politiques de réduction des inégalités. Or, force est de constater qu’en ce domaine aussi, l’appel d’offre et la mise en concurrence ont été privilégiés. Nous dénonçons fermement la marchandisation des formations. Il sera donc créé, à l’échelle de la Région, un pôle public de la formation, qui travaillera en synergie avec les établissements publics de formation. Les différents organismes de formation ne devront pas entrer en concurrence, mais bien au contraire coopérer.
Nous mettrons bien sûr le patronat à contribution.
Une carte des formations sera élaborée afin que chaque jeune puisse réaliser son propre choix, sans être victime d’une quelconque sélection sociale ou territoriale.
- Nous mettrons en œuvre une nouvelle politique d’investissement et de fonctionnement des CFA en permettant à la Région d’en devenir propriétaire ou copropriétaire.
- Nous créerons un grand service public régional de l’Accueil, de l’Information et de l’Orientation (AIO) tout au long de la vie. Les entreprises du territoire seront mises à contribution, afin d’alimenter le Fonds régional pour la Formation professionnelle et l’Insertion. Ce fonds sera destiné aux salariés et aux apprentis hors système scolaire. Il ne se substituera pas au service public d’Information et d’Orientation.
Le service public d’Orientation devra permettre de favoriser des métiers émergents, en relation avec les compétences nécessaires au développement responsable.
Le service public d’Orientation que nous proposons sera basé sur le projet de vie de la personne, et non pas sur les besoins ponctuels du territoire ou du bassin d’emploi.
- Particulièrement touchée par la crise, la Lorraine est confrontée à un faible taux de qualification de sa population active.
Nous donnerons la priorité aux reconversions, aux aides à l’insertion.
Nous développerons des outils permettant une meilleure qualification des publics les plus fragiles, par des congés individuels de formation, la validation des acquis de l’expérience, des aides aux PME-PMI selon des critères identifiés pour les formations concernées.
- Nous nous porterons solidairement aux côtés des jeunes lycéens étrangers expulsables et souvent expulsés, tant il est vrai que les Régions doivent se montrer exemplaires sur le délicat chapitre des droits humains.
- Nous accorderons une attention toute particulière à la restauration scolaire, en ne passant plus de marchés avec les grandes sociétés privées fournisseuses de repas standardisés, pour revenir à une véritable restauration de proximité, préparée en interne, avec des produits achetés auprès de producteurs locaux, favorisant ainsi les circuits courts, en ce domaine aussi.
Nous espérons que notre projet pour une éducation et une formation publiques, solidaires et responsables saura vous parler et vous permettra de vous faire une idée plus précise de nos objectifs et de notre ferme résolution à les mettre en chantier, lorsque nous serons élus.
Nous vous présentons nos salutations pédagogiques et citoyennes les plus cordiales.
Pour la liste du Front lorrain de Gauche.
Philippe Leclercq
