Réponse à l’Association des Professeurs d’Histoire et de Géographie

lundi 8 mars 2010

La liste « Front Lorrain de Gauche »
conduite par Philippe Leclercq
Élections Régionales des 14 et 21 mars 2010

à

Franck Schwab
Président de l’A.P.H.G. Lorraine


Monsieur,

Pour répondre à votre première question, nous sommes résolument opposés à la suppression de l’enseignement obligatoire de l’Histoire-Géographie en classe de Terminale Scientifique. Cette mesure contribuera à priver d’un enseignement essentiel une part importante des élèves de l’enseignement secondaire général (nous savons que la filière S est très largement choisie par les élèves). Enseignement essentiel car l’Histoire-Géographie, comme d’autres disciplines, est de nature à contribuer à la formation des élèves comme de futurs citoyens, un objectif scolaire auquel nous somme particulièrement attachés. La connaissance et la compréhension du monde d’hier nous paraît indispensable pour comprendre et agir dans le monde d’aujourd’hui.

Nous notons également que la réforme prévoit, comme une compensation faussement généreuse de cette suppression, un tronc commun d’Histoire-Géographie en classe de Première. Le Ministre annonce une reformulation des programmes d’Histoire de façon à ce que l’ensemble du 20ème siècle soit appréhendé en Première. Il nous apparaît que l’enseignement d’une telle période historique en une seule année scolaire n’est pas raisonnable, à moins de le réduire à une lecture purement évènementielle. Comment, dans ce cadre, permettre aux élèves de saisir la complexité de faits historiques et de grands mouvements qui ont façonné le monde d’aujourd’hui ?

Au-delà de l’Histoire-Géographie, c’est bien l’ensemble des Sciences Humaines et Sociales au lycée qui connaissent un recul. Pour ne prendre qu’un exemple, les Sciences Économiques et Sociales se voient réduites au statut de matière exploratoire en seconde et amputées d’une heure de classe et d’une part significative de sa dimension sociologique.

En ce sens, c’est à l’ensemble de la réforme du lycée de M. Luc Chatel que nous sommes opposés, d’autant plus qu’elle s’accompagne d’un appauvrissement des moyens humains pour l’éducation avec des suppressions massives de postes dans l’enseignement secondaire : près de 7 000 suppressions annoncées pour la rentrée 2010 (dont plus de 500 en Lorraine), ce qui portera à 43 500 (2 800 en Lorraine) le nombre d’emplois depuis 2003.

En ce qui concerne votre seconde question, les programmes de l’Éducation Nationale et leur mise en œuvre ne relèvent pas de la compétence du Conseil Régional et de ses élus.

Néanmoins nous sommes convaincus que l’école représente un enjeu de société majeur et que les débats sur son devenir doivent être l’affaire de tous. Nos élus et les formations politiques qui composent le Front Lorrain de Gauche continuerons donc, une fois les élections passées, à prendre publiquement position contre la réforme du Ministre de l’Éducation Nationale, à l’exprimer dans les Conseils d’Administration des lycées, et à soutenir toutes les mobilisations et initiatives qui, comme la votre, vont dans le sens d’un enseignement public de qualité pour tous, concourant à la formation citoyenne des élèves.

Recevez, Monsieur, l’expression de nos plus cordiales salutations.



Documents joints

Reponse à l'APHG
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Association des Professeurs d’Histoire et de Géographie
Appel de l'A.P.H.G. Lorraine
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