« Remettre le curseur sensiblement à gauche » (RL)

Article du Républicain Lorrain publié le 03/03/2010
samedi 6 mars 2010

François Tanzilli et Brigitte Blang, candidats mosellans du Front lorrain de Gauche. Photo RL Le Front lorrain de Gauche offre un programme en trois axes : transformer la politique menée par la Région, y compris par la gauche, résister au néolibéralisme et soutenir les luttes.

« Placer le curseur plus à gauche ». Tel est l’objectif du Front lorrain de Gauche dans ces élections régionales. François Tanzilli (tête de liste pour la Moselle) et Brigitte Blang (colistière) ne critiquent pas fondamentalement le bilan du président sortant, mais « il y a des correctifs à apporter ». Ce que doivent penser beaucoup de gens de gauche, puisque pas moins de sept listes se partagent le gâteau. « On nous sort le même argument à chaque élection… », note Brigitte Blang. Ce serait donc une force, avant le second tour. « Les discussions seront ouvertes. Nous ne sommes pas des adversaires du PS. Juste des concurrents au premier tour. » L’objectif principal étant « d’empêcher la droite de revenir en Lorraine, et partout en France ».

Une déception pour le Front de Gauche (FdG) : « Beaucoup de communistes, en Lorraine, ont fait le choix de la liste Masseret ». Alors qu’à sa création, le FdG rassemblait le parti de Jean-Luc Mélenchon (Parti de Gauche) et le PC. Quant au NPA… « C’est une démarche mortifère d’Olivier Besancenot », regrette Brigitte Blang. « Il y a des régions où une alliance a été possible, comme dans le Limousin. » Autre alliance possible ? « Le Modem est un parti de droite ! » Donc pas d’alliance, « quelle qu’elle soit ».

Remise à plat des dépenses publiques

Le FdG se base sur trois axes majeurs : « transformer la politique de la Région telle qu’elle était menée, y compris par la gauche ; résister au rouleau compresseur du néolibéralisme ; soutenir les luttes, en étant aux côtés des salariés ». Sur ce dernier point, François Tanzilli, qui a rencontré les salariés de Lithorade (lire les articles : Lithorade : Pour qui sonne le glas… , Le Front de gauche au chevet de Lithorade ), fait une proposition. « Il faut une remise à plat des dépenses publiques accordées aux entreprises. Quand de l’argent est investi, on manque de contrôle en amont et en aval. » S’il y a plan social, le FdG « demandera des comptes » et le remboursement des aides, affectées « aux salariés pour leurs indemnités et réinjectées dans le tissu local ».

« Résolument écologiste »

Sur l’environnement, le FdG se dit « résolument écologiste ». Mais sa tête de liste régionale, Philippe Leclerq, « est un ancien des Verts ». Le FdG prône « une écologie responsable », c’est-à-dire qui accompagne l’économique et le social.

Sur le volet éducation, Brigitte Blang est « intarissable ». « L’argent public doit aller à l’école publique ! Hors des subventions légales, on ne donnera pas un centime de plus aux écoles privées, par exemple. » Le FdG veut construire de nouveaux lycées, « en utilisant des techniques écologiquement responsables ». Côté restauration scolaire, Brigitte veut « éviter les sociétés multinationales » et mettre « un cuisinier dans une cuisine ». Et utiliser des produits locaux, pourquoi pas bio, de saison… « C’est un vivier d’emploi. » Brigitte Blang défend également « la formation professionnelle, dénigrée notamment par les parents ».

Renationaliser ce qui a été privatisé

François Tanzilli enchaîne les thèmes de campagne comme les réunions. La dette « vécue comme un poison » et qu’il faut maîtriser pour ne pas impacter les générations futures. Ce qui, logiquement, limite les investissements… L’aménagement du territoire, avec « un encouragement à la relocalisation agricole », qui « recrée des emplois, du tissu social ». Le transport collectif ? « Il faut qu’il soit plus performant. Il faut encourager le ferroutage, y compris en Lorraine, renforcer le partenariat entre la SNCF et la Poste pour le transport de courrier ». François Tanzilli ajoute : « Il faut arrêter de faire une gare TGV tous les 100 m ! », évoque également « la plateforme aéroportuaire de Chambley », se demandant pourquoi on y investirait des millions « quand l’aéroport Metz-Nancy-Lorraine se meurt ». On passe aux services publics. Le Front de gauche les aime, y tient, et voudrait les développer. « En renationalisant ce qui a été privatisé, comme le service public de l’eau. »

Pour Brigitte Blang, « la Lorraine a encore un cœur d’acier et le Front lorrain de Gauche a la tête dure ». Voulant peser de tout son poids sur l’instance régionale. « Pour accéder aux responsabilités, les citoyens doivent retrouver un esprit critique », conclut François Tanzilli. « La démocratie se portera bien tant que différents courants feront entendre leurs messages. »

En Lorraine, la démocratie sera réellement en marche dans un peu plus d’une semaine.

Michel LEVILLAIN.
Publié le 03/03/2010 dans le Républicain Lorrain