synthese du groupe de travail : formation - éducation - enseignement supérieur - culture

jeudi 21 janvier 2010

 I - ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR :

En matière de Recherche et d’Enseignement Supérieur nous assistons, depuis l’adoption du Pacte sur la Recherche en 2005 et de la LRU en 2007, à de profondes transformations. On a vu se développer les pôles de compétitivités, les Pôles de Recherche et d’Enseignement Supérieur (PRES), les Réseaux Thématiques et Recherche Avancée (RTRA). Avec la LRU, les universités sont devenues de véritables entreprises en concurrence sur un marché de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche.

L’enseignement supérieur : une compétence nationale
 

Il ne nous paraît pas souhaitable que les régions acceptent ou financent certaines compétences. Cela est vrai concernant l’enseignement supérieur et la recherche. En effet, cela ne fait que favoriser la concurrence entre les universités, les territoires et les filières et contribue à entériner l’inégalité d’accès aux savoirs. Et cela ne répond en rien à l’enjeu réel qui est la démocratisation de l’enseignement supérieur .
La région favorise depuis un an la coopération entre universités. Elle ne doit pas se faire pour des raisons économiques au détriment des étudiants par la mise en concurrence entre les sites et les filières.

Pour cela nous devons :

    • refuser de financer l’Opération Campus (qui contribue à la mise en concurrence des universités),
    • dans le cadre de la renégociation à mi-parcours du contrat de plan Etat-Région, revoir particulièrement le volet recherche/enseignement supérieur pour rappeler le fait que l’enseignement supérieur ne peut être une compétence régionale,
    • soutenir la recherche dans la région en faisant appel aux laboratoires de recherches publics plutôt qu’à des consultants privés.
Faire de l’université un acteur de la politique régionale
 

L’université rend nécessaire une politique de logement, de transport, de santé, d’aménagement du territoire qui permet de répondre aux besoins de la population (enseignante, étudiante et BIATOS) qu’elle accueille. Ainsi, faire de l’université un acteur de la politique régionale, passera notamment par :

  • la mise en place d’un Fonds régional de garantie locative, permettant à tout étudiant (quelle que soit son origine ou sa situation) d’accéder au logement,
  • l’aide à la construction et à la réhabilitation de logements sociaux,
  • l’exonération de la part régionale de la taxe d’habitation pour les étudiants,
  • la mise en place dans le cadre de la politique de transport, de désertes permettant de relier tous les sites universitaires et allant vers la gratuité pour les étudiants,
  • le développement dans le cadre de la politique de santé, de centres de santé qui permettent l’accès de tous à la santé et la mise en place un chèque santé permettant aux étudiants de pouvoir accéder à une complémentaire santé,
  • dans le cadre de notre présence dans les CA des universités et du CROUS, des interventions afin de rendre réel le droit d’accès à l’enseignement supérieur,
  • faire de l’université, dans le cadre de notre politique de formation professionnelle, l’interlocuteur privilégié de la région en la matière, et mettre fin à la logique qui s’est installée d’augmenter continuellement les droits d’inscriptions en formation continue pour combler le manque de financement public.

 II - UNE VRAIE POLITIQUE DE FORMATION, DES FINANCEMENTS PUBLICS AUX SERVICES PUBLICS

La lutte contre l’ignorance exige l’école laïque, publique et obligatoire.
L’un des piliers des Services publics, c’est l’école de la République. La droite fait tout pour saborder l’Education Nationale au profit de l’enseignement privé confessionnel et des officines de formation privées. Or l’école publique garante de la laïcité est indispensable pour notre « vivre ensemble ».

C’est pourquoi nous proposons :

  • dans l’enseignement général, technologique et professionnel de privilégier systématiquement l’école de la République dans les budgets de la région consacré à l’éducation.
  • L’argent public doit aller à l’école publique. Nous sommes favorables à l’abrogation des lois qui obligent au financement de l’école privée et à l’abrogation du statut particulier né du concordat. Par conséquent d’ores et déjà nous mettrons fin à tous les financements en faveur de l’enseignement privé et modifierons les critères d’attribution du « forfait élève ».

A propos des lycées :

  • Pour la restauration scolaire, ne plus passer de marché aux grandes sociétés privées qui livrent des repas standardisés, provenant de produits bas de gamme d’origine souvent incertaine et lointaine, mais revenir partout à une restauration préparée en interne par une équipe de cuisine, qui privilégiera l’achat des produits auprès de producteurs locaux et régionaux, favorisant ainsi l’emploi local et le contrôle sur la qualité des produits. Introduire le plus possible des produits écologiquement responsables dans cette restauration scolaire.
    Revoir la tarification des cantines afin d’ouvrir leur accès à tous.
  • Accélérer la mise aux normes des lycées lorrains, en terme d’accessibilité pour les élèves en situation de handicap.
  • Privilégier la construction de type Haute Qualité Environnemental pour toute construction nouvelle ou rénovation importante de lycée,
  • En Lorraine comme sur tout le territoire français, de jeunes lycéens étrangers sont sans papiers, expulsables, parfois expulsés. Dans le cadre de sa mission dans les lycées, la Région doit se porter solidaire de ces jeunes En cela, elle se doit d’être exemplaire.

La formation professionnelle hors des logiques marchandes. Le soutien intensif à l’apprentissage privé et aux officines privées de formation professionnelle au détriment des établissements publics (AFPA, GRETA, lycées professionnels, apprentissage public…) sera interrompu. La région est compétente pour la mise en oeuvre des politiques de formation professionnelles. Mais loin de lutter contre l’inégalité d’accès au savoir y compris professionnel, les régions ont accepté de se soumettre à la logique de la mise en concurrence et de l’appel d’offre. Résultat : les formations deviennent une marchandise comme les autres.

  • Nous proposons de sortir de cette logique en créant à l’échelle de la région un pôle public de formation travaillant en synergie avec les établissements publics de formations (GRETA, lycées professionnels publics, AFPA) et les organismes de formations issus du paritarisme, de l’éducation populaire et de l’économie sociale et solidaire.
  • La région doit mettre les moyens nécessaires à sa politique de formation en mettant financièrement le patronat à contribution. Il doit aussi développer des indicateurs permettant de contrôler la qualité de la formation sur le long terme.
  • La Lorraine est particulièrement touchée par la crise : chômage supérieur à la moyenne nationale, solde migratoire négatif, faible taux de qualification de sa population active ; aussi en matière de formation professionnelle continue la priorité doit être donnée à la reconversion , à l’aide à l’insertion , à la qualification des publics les plus fragiles en développant les outils et moyens adaptés comme par exemple les congés individuels de formation, la validation des acquis de l’expérience, l’aide aux plans de formation de certaines entreprises, en particulier les PME, PMI selon des indicateurs objectifs identifiés pour le choix tant des entreprises que des formations.
  • Élaborer une carte des formations afin de permettre à chaque jeune en formation d’accéder à la formation de son choix sans être victime d’un tri social et/ou territorial. Cette carte devait être présentée chaque année aux élus régionaux réunis en assemblée plénière, en lien avec les représentants des salariés, afin de cesser de voir opposer les modes et voies de formation, souvent au détriment du service public.
  • Organiser la refonte de la politique d’investissement et de fonctionnement des CFA permettant notamment à la Région de devenir propriétaire, à l’instar des lycées qu’elle construit, ou copropriétaire des CFA, mais également d’avoir des modalités de subvention de fonctionnement plus équitables, appuyées sur les ressources des organismes gestionnaires de CFA.
  • Créer un grand service public régional de l’Accueil, Information, Orientation (AIO) tout au long de la vie en mettant à contribution les entreprises et secteurs dominants sur un territoire, ressource qui abonderait le fond régional pour la formation professionnelle et l’insertion. Celui-ci s’adresse aux salariés et apprentis hors du système scolaire, il n’a aucunement vocation, contrairement aux projets patronaux, de se substituer au service national d’information et d’orientation pour les scolaires

 III - FAIRE DE LA CULTURE UN BIEN COMMUN AVEC UN SERVICE PUBLIC NATIONAL ET DECENTRALISE

Aujourd’hui une part importante des budgets publics en faveur de l’action culturelle, des arts plastiques, du livre et de la lecture, du patrimoine et même du cinéma est assumée par la région.
La volonté de la droite de retirer aux Régions et aux Départements la compétence générale qui leur permet de poursuivre leur engagement en faveur de la culture annonce la mort de milliers de compagnies, d’associations et de lieux culturels, la mise au chômage de milliers d’artistes salariés ou intermittents.
A cette vision mortifère du mouvement de la création et de l’action culturelle que l’on veut contraindre de se soumettre à la marchandisation et à l’allégeance au pouvoir central, il faut opposer des politiques régionales offensives sur le plan culturel.
L’ambition émancipatrice qui est la nôtre doit faire de la culture un bien commun de la nation toute entière, état et Collectivités dans le cadre d’une responsabilité partagée et librement décidée.

Nous proposons :

  • des assises régionales de la culture, avec la mise en place d’une Conférence Régionale permanente de l’art et de la culture qui réunisse les représentants de l’état, de la Région, des autres collectivités et des professions artistiques et culturelles. Cette conférence élaborerait des schémas de développement garantiraient leurs financements, leur mise en oeuvre et leur évaluation. Elles pourraient être dotées d’une part des budgets publics sous forme d’une gestion participative avec les acteurs culturels eux-mêmes.
  • La région doit amplifier son action en faveur de la culture autour de chantiers essentiels :
    • la création et de l’exigence artistique par le soutien aux artistes, aux compagnies et aux lieux. La permanence artistique, la sécurisation des parcours de formation et d’emploi artistiques et culturels, dans ce cadre, sera une priorité de notre action. De même nous agirons en faveur de la mise à disposition des outils de la révolution numérique et informationnelle tout en luttant contre la fracture numérique.
    • la démocratie culturelle avec une action résolue pour favoriser l’appropriation populaire des oeuvres et des pratiques artistiques. Pour cela nous agirons pour lier étroitement création et éducation populaire, pratiques professionnelles et amateurs, éducation artistique et formation initiale, continue et professionnelle. Celle de l’ouverture au monde dans un monde mondialisé où la circulation des êtres humains, des oeuvres et des idées, la connaissance des cultures autres sont des données essentielles.
    • la promotion de la diversité culturelle avec les coopérations décentralisées. La défense de l’exception culturelle contre la marchandisation doit être la garantie du respect de cette diversité

Vous pouvez réagir, apporter votre contribution au programme du Front Lorrain de Gauche pour la région en remplissant le formulaire ci dessous.

Pour une région citoyenne…

Votre contribution pour la Lorraine
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